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Ce curieux
surnom d'Aksidan, Sylviane Mola, pour l'état
civil, le tient de ses premières années à
Basse-Terre. Années de labeur et de
sacrifices, pour cette
native de la commune
de Gourbeyre, montée à Baillif rejoindre sa soeur à la fin des années 30. Ce
déménagement est la promesse d'un nouveau
départ pour la jeune mère et ses 6 enfants.
Mais peu de temps après, le rêve vire au
cacuhemar : Sylviane doit se trouver un
autre toit. Ce sera une case, "anba simityè-la",
à Basse-Terre. Pour nourrir sa famille,
aucune activité ne fait peur à ce petit bout
de femme. "An fè chabon, an travay la tè, an
monté asi cha, an baléyé lari, pilé zèdi èvè
pyéan mwen"... C'est à l'occasion d'un de ces djobs qu'un riverain, s'étonnant de voir une femme, aussi active et débrouillarde, parmi les éboueurs, s'exclame "mais ce n'est pas une femme, c'est un accident I"... De son enfance sur les hauteurs de Gourbeyre, Aksidan a gardé l'habitude de chanter. Dans la tradition du chant bèlè qu'elle pratique, une large place est laissée à l'improvisation, un art dans lequel Aksi excelle surtout pour faire taire commérages et médisances... La rencontre avec Voukoum se fait naturellement. Le Mouvman kiltirèl qui remet au goût du jour depuis 1989 les mas traditionnels et une des musiques populaires du carnaval, appelée autrefois le mas gwo siwo, prépare son second album. Aksidan y improvise trois titres. A plus de 70 ans, sans complexe, elle enchaîne tournées et festivals avec le groupe, en Guadeloupe et à l'étranger. Deux ans plus tard, un album solo, "Lokans é rèpriz", consacre une célébrité tardive, mais tellement méritée, au goût de revanche sur les misères de la vie.
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